Catégories
Œuvres commentées

Le Combat de Jacob et de l’Ange

Tableau de DELACROIX en l’église Saint Sulpice de Paris

Chapelle des anges de l’église Saint Sulpice
Légende à disposition du public

Comme Jacob, puissions-nous nous engager dans ce combat spirituel pour en sortir transformé et plus proche de Dieu.

Catégories
Extraits de la Bible et Prières

LA LUTTE DE JACOB AVEC L’ANGE

Le livre de la Genèse raconte le retour de Jacob sur sa terre natale de Canaan, après qu’il ait travaillé plusieurs années pour le compte de son oncle Laban. Il voyage avec ses deux femmes (Léa et Rachel filles de Laban) Revenu à Canaan, Jacob est demeuré seul pour prier sur la rive du Jabbock après avoir pris diverses dispositions en vue des retrouvailles redoutées avec son frère Ésaü. Durant la nuit et jusqu’à l’aube, il lutte contre un mystérieux adversaire, un ange ? Jacob reçoit sa bénédiction ainsi que le nouveau nom d’Israël sous lequel sa descendance sera désormais connue.

Rembrandt – 1659 – 137 x 116cm Staatliche Museen Berlin

Genèse chapitre 32, 22-31 « Cette même nuit, il se leva, prit ses deux femmes, ses deux servantes, ses onze enfants et passa le gué du Yabboq. Il les prit et leur fit passer le torrent, et il fit passer aussi tout ce qu’il possédait. Et Jacob resta seul. Quelqu’un lutta avec lui jusqu’au lever de l’aurore. Voyant qu’il ne le maîtrisait pas, il le frappa à l’emboîture de la hanche, et la hanche de Jacob se démit pendant qu’il luttait avec lui. Il dit : Lâche-moi, car l’aurore est levée, mais Jacob répondit : Je ne te lâcherai pas, que tu ne m’aies béni. Il lui demanda : Quel est ton nom ? – Jacob, répondit-il. Il reprit : On ne t’appellera plus Jacob, mais Israël, car tu as été fort contre Dieu et contre tous les hommes et tu l’as emporté. Jacob fit cette demande : Révèle-moi ton nom, je te prie, mais il répondit : Et pourquoi me demandes-tu mon nom ? et, là même, il le bénit. Jacob donna à cet endroit le nom de Penuel, car, dit-il, j’ai vu Dieu face à face et j’ai eu la vie sauve. Au lever du soleil, il avait passé Penuel et il boitait de la hanche. »

Biographie de Rembrandt : Né à Leyde aux Pays-Bas le 15 juillet 1606, d’un père meunier, Rembrandt Harmenszoon van Rijn semble tout d’abord se destiner à une carrière plus intellectuelle. Parlant déjà le latin, il entre à l’université dès sa quatorzième année mais ne tarde pas à réaliser que ce chemin ne lui convient pas. Attiré par l’art, il décide plutôt de suivre des cours auprès du peintre Jacob Van Swanenburgh. Poursuivant dans cette voie, il se rend à Amsterdam dans l’atelier du peintre d’histoire Pieter Lastman et y parfait ses techniques pendant six mois avant de retourner à Leyde. À 18 ans seulement, Rembrandt y ouvre son atelier en compagnie de son ami Jan Lievens. C’est là qu’il s’applique à développer son style, s’extirpant des techniques trop académiques. Fort d’un succès naissant, il finit par accueillir de plus en plus d’élèves. En 1634, Rembrandt  par son mariage avec Saskia van Uylenburgh, nièce d’un marchand d’art se trouve en contact avec quelques personnages hauts placés. Ceux-ci reconnaissant un artiste talentueux lui commandent diverses œuvres qui le lancent. Malheureusement deux de ses enfants sont emportés par la mort puis un troisième enfant, qui ne survit pas longtemps. Le quatrième, Titus, doit grandir sans sa mère, qui meurt en 1642. L’artiste n’est pas un homme solitaire. Dès 1643, Rembrandt entretient une relation amoureuse avec Geertje Dircx qui s’occupe de Titus, Rembrandt reprends ses réalisations artistiques. Sa nouvelle femme finit par être internée en 1649. Rembrandt la remplace par, Hendrickje Stoffels. Elle devient rapidement l’un de ses modèles. De cette union hors de l’Eglise naît une fille, Cornelia. À partir de 1656, Rembrandt est complètement ruiné et contraint de mettre en vente tous ses biens. Malheureusement, le peintre est à nouveau endeuillé en 1663 par la mort d’Hendrickje, emportée par la peste. Son fils Titus décède cinq ans plus tard.L’artiste s’éteint le 4 octobre 1669 à Amsterdam. Rembrandt laisse dans son sillage une œuvre remarquable où le baroque et l’art du clair-obscur dominent. L’artiste a réalisé de nombreux portraits, autoportraits, scènes bibliques et historiques, autant en peinture, qu’en dessin et gravure. 

L’oeuvre : Rembrandt s’est limité à l’essence du récit. La signature en bas à droite qui semble une pièce rapportée.

Rembrandt n’a pas peint un moment historique particulier : il en fait un symbole d’une lutte générale de l’homme pour la grâce de Dieu. Nul décor, la scène est frappante, elle contraste avec les tableaux hollandais antérieurs montrant un environnement vivant. La mise à l’épreuve constante de l’homme est sûrement un thème dans la croyance chrétienne. Connaissant la biographie de Rembrandt, il n’est pas étonnant que ce thème soit particulièrement important. Cet homme a été maintes fois placé en situation de combat rationnel qui le mettait également à l’épreuve spirituelle.

Sur un fond brunâtre, alors que l’aurore arrive (le jour n’est pas levé encore), l’ange de blanc vêtu est éclairé par une lumière venue du ciel. Tout est centré sur l’interaction des deux figures, les regards suggèrent l’issue du combat. Ce combat a duré toute la nuit. Jacob paraît épuisé son regard est déjà loin, il enserre le corps de l’ange qui, les traits tirés, tente d’arracher la victoire en lui déboitant la hanche. La main droite de l’ange est passée derrière l’épaule de Jacob tandis que sa jambe appuyée sur un rocher au premier plan bloque son dos, de sa  main droite l’ange repousse le bassin de Jacob en arrière.

Cette lutte se termine par le déboîtement de la hanche de Jacob. Jacob retient l’ange et malgré son épuisement, il lui demande de le bénir.

Le regard serein de l’ange et ses ailes déployées largement évoquent le moment final, lorsque la grâce de Dieu est accordée à Jacob.

L’homme s’est battu aussi pour se dépasser, sorti de sa solitude sur la rive non encore franchie du Yabboq, il s’est retrouvé dans un mano a mano qui se termine par une victoire :

  • Jacob subit une atteinte physique lui imposant la claudication, la marque est créatrice de sens, c’est un changement fondamental qui s’est produit.
  • Le nom donné d’Israël  est évidemment liée à la Bénédiction: bénir (recevoir l’hommage d’un suppliant à genoux) et nommer sont actes de suzerain. En marquant Jacob (Israël), Dieu (ou le Récit) crée les conditions formelles de fonctionnement d’une « langue» nouvelle, dont l’élection d’Israël est le « message ». C’est le nom de sa descendance.

Les Pères de l’Église virent dans ce combat le symbole du combat spirituel et l’efficacité d’une prière instante et constante, pour remporter la victoire finale.  


Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer