
Pieter Brueghel l’Ancien (vers 1525-1569) est l’un des grands noms de la peinture flamande du XVIe siècle ; dans le mouvement de la renaissance nordique.
On ne sait pas grand chose de Pieter Brueghel dit l’Ancien, sa naissance est trouvée par déduction entre 1525 et 1530. Il est mort dans la fleur de l’âge en 1569. » medio aetatis flore «
Son nom apparaît pour la première fois en 1551 à Anvers : Il est reçu maître de la guilde de Saint-Luc. L’année suivante il voyage en Italie. On pense qu’il fréquentait tout autant les riches mécènes que les campagnards chez lesquels il était invité. En 1562, il quitte Anvers et s’installe à Bruxelles où il épouse l’année suivante la fille du peintre Pieter Coecke van Aelst. En 1564 naît son premier fils Pieter Brueghel, dit le Jeune et en 1568 le second, Jan, dit de Velours : Le premier, Pieter Brueghel le Jeune, dit Brueghel d’Enfer, qui a longtemps été imitateur de l’art de son père, est aussi connu pour ses nombreuses représentations d’incendie. Le second, Jan Brueghel l’Ancien, dit Brueghel de Velours, est célèbre pour ses motifs floraux, ses compositions bibliques et allégoriques. La famille compte d’autres peintres célèbres : Pieter Brueghel III et Jan Brueghel II, petits-fils de de Brueghel, ainsi que Jan van Kessel,arrière-petit-fils du peintre et père de Ferdinand de Kessel et Jan van Kessel II, respectivement peintres baroques flamands.
En l’absence de biographe, nous en sommes réduits aux suppositions, à commencer par son nom, est un toponyme ou son patronyme ?
Brueghel a d’abord été un dessinateur hors pair, effectuant de nombreux dessins et croquis pour le compte d’un imprimeur et marchand d’estampes à Anvers. On mentionne 67 dessins de Pieter Brueghel l’Ancien. Il « était un homme tranquille, sage, et discret ; mais en compagnie, il était amusant et il aimait faire peur aux gens ou à ses apprentis avec des histoires de fantômes et mille autres diableries ». Brueghel s’amuse et amuse, mais fréquente aussi les intellectuels de son temps et possède un grand savoir littéraire. Brueghel fait partie, avec Jan van Eyck, Jérôme Bosch et Pierre Paul Rubens, de l’École flamande.
Brueghel s’affranchit très tôt des techniques de peinture des grands maîtres italiens. Sa peinture et ses tableaux sont aussi différents des primitifs flamands et de leurs représentations réalistes. L’art de Brueghel mélange ces nouvelles préoccupations de l’art figuratif. Témoin des aléas de la vie rurale, il livre une succession d’œuvres lumineuses, où fourmillent de très nombreux personnages, dans un brillant exercice pictural.
La peinture de Pieter Brueghel l’Ancien est classée en trois grandes périodes qui témoignent de l’éclectisme de l’artiste. La première période est celle des grandes compositions où sont représentés des dizaines de personnages pris sur le vif (voir Le Combat de carnaval et carême). La deuxième période regroupe les tableaux appartenant au Cycle des mois. Enfin, on distingue une troisième et dernière période dans la peinture de Brueghel : les grands personnages isolent le paysage, relégué au second plan, comme dans Les Mendiants. Les scènes villageoises sont en permanence au centre de ses peintures et, lorsque le sujet est religieux (voir son tableau La Chute des anges), il est a priori accessoire par rapport à la composition générale et à l’histoire que raconte l’œuvre. Brueghel ouvre l’art à la peinture rurale, dite profane, à laquelle Robert Campin et van Eyck apporteront ses lettres de noblesse. Brueghel appréciait tout particulièrement se mélanger aux paysans de sa région, participant de nombreuses fois à des mariages et autres rassemblements populaires. C’est ainsi qu’il reproduit les scènes paysannes qu’il observe, rapportant avec drôlerie et finesse la légèreté de leurs fêtes et de leurs jeux. Brueghel est d’ailleurs surnommé « Brueghel le Drôle » par ses contemporains, tant il aimait rire et s’amuser en compagnie de ses amis paysans.
Les tableaux de Brueghel l’Ancien illustrent dans des paysages grandioses, des compositions où s’agitent de multiples personnages (ainsi que le faisait Jérôme BOSCH). Il donne à ses personnages une incomparable présence physique, sans jamais à individualiser ses modèles. Tous les types de personnages coexistent tels qu’ils sont, dans leur humanité dans la joie comme dans la tristesse. En étudiant de près chacune de ses œuvres en les croisant avec des proverbes ou les textes de la bibles, ou des faits historiques du XVIe siècle on finit par découvrir des messages.
« Dans toutes ses œuvres, il y a toujours quelque chose à comprendre en plus de ce qui est peint », écrivait Ortelius.