Évangile
26 Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
27 à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.
28 L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
29 À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
30 L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
31 Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.
32 Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;
33 il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »
34 Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? »
35 L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu.
36 Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile.
37 Car rien n’est impossible à Dieu. » 38 Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

L’annonciation est une des créations ultimes du Caravage qui fut exécutée à Malte ou à Naples pour le duc de Lorraine en 1608. L’œuvre dut être envoyée à Nancy dès son achèvement car Henri II en fit don pour orner le maître autel de la primatiale ouverte au culte en 1609 (actuelle cathédrale) Le CARAVAGE avait perdu le goût de l’antique, il méprisait les œuvres de RAPHAEL, se présentant comme peintre de la réalité de son époque. Il mettait volontiers en scène des personnes de passage y compris des gueux et gitans… L’annonciation reflète le naturalisme du peintre. La scène se passe dans la chambre de la vierge dont on devine le lit encore défait. L’œuvre trahit la vision pessimiste et la profonde tristesse existentielle qui imprègne nombre d’œuvres du CARAVAGE. Il semble qu’un pesant et noir silence soit installé
La lumière fortement contrastée introduit l’ange avec véhémence au milieu de l’obscurité. Cette lumière éclaire 3 points : le dos de l’ange, la tête de Marie et une infime partie de l’arrière plan! L’ange Gabriel est un jeune adolescent ébouriffé en suspension vêtu d’un drap, peut-on imaginer qu’il n’est pas très propre ? La mise en lumière ne fait pas apparaître son visage !
Il apostrophe Marie d’un geste dominateur ! Est-ce un mouvement de désignation ?
« Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
Marie est une jeune femme habillée simplement de rouge et de bleu, parée de sa beauté naturelle et se prosternant triste et obéissante.
« Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »
Nous devrions exulter de joie à cette annonce !
Aucune joie ni espérance, aucun paysage ni perspective permet à l’œil de se réjouir ni de s’échapper.