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RESURRECTION DU CHRIST

Huile sur bois de 1501-1502, dimensions 52cm x 44cm – Museu Nacional de Bella Artes, à Sao Paulo (Brésil)

EVANGILE de Matthieu 28,8

En ce temps-là,
quand les femmes eurent entendu les paroles de l’ange,
vite, elles quittèrent le tombeau,
remplies à la fois de crainte et d’une grande joie,
et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.

RAPHAEL

Raphael Sanzio est né le 6 avril 1483 à URBINO. Son père Giovani était lui-même peintre, il l’encouragea à étudier la peinture de Piero della Francesca qui dans la même ville exécutait ses plus belles œuvres. En 1499, il commença à fréquenter l’atelier du Pérugin. Il quitta cet atelier âgé de 17 ans avec le titre de maître, lui donnant la possibilité d’’exercer le métier de peintre, les œuvres de cette époque sont marquée par l’inspiration de celui qui a été son maître. A Florence Raphaël entre en contact avec Léonard de Vinci et Michel Ange, il fut le rival artistique de ce dernier. La renommée de Raphaël lui valu d’être appelé en 1508 par le pape Jules II (1503-1513) pour décorer les chambres du Vatican. Ces périodes de 12 années romaines lui permirent de peindre des fresques telles que la Dispute sur le sacrement, Le Parnasse et la célèbre école d’Athènes, puis sous le pontificat de Léon X, la stance d’Héliodore….Il a été nommé architecte du Vatican, il a fait les cartons permettant la réalisation des tapisseries de la chapelle Sixtine qui représentent les actes de apôtres, il a aussi peint aussi pour les nobles de la cour.

Une œuvre inscrite dans une tradition picturale

Le Christ ressuscité est représenté s’élevant au-dessus du tombeau ouvert debout sur une minuscule lentille de nuée, au soleil levant. Quelques peintres florentins avaient déjà peint le Christ s’élevant : Andrea Da Firenze 1365, Nicole Gerini 1435 et Fra Angelico 1440. De ce point de vue, il semble s’être inspiré de l’œuvre du Pérugin et de Giovani Bellini 1479 La composition dérive des modèles du Pérugin. En effet un sépulcre similaire se trouve sur une tablette de la prédelle du Polittico di San Pietro, tandis que, sur la Pala di San Francesco al Prato, on peut voir des images similaires de soldats ainsi que le couple d’anges volant.

La scène est lumineuse et théâtrale, l’esthétique est soignée. La lumière ne vient pas du soleil mais d’un éclairage en haut à gauche (ombres portées) Tous les personnages sont reliés dans une géométrie complexe comme s’ils étaient mis en scène. Les détails des vêtements du décor jusqu’au marbre du tombeau augmentent l’aspect théâtral de cet ensemble.

Le Christ, centre de tout, pose. D’allure juvénile Il porte une toge rouge à filets dorés et tient de la main gauche une bannière blanche à fine croix rouge, de la main droite il désigne le ciel. Son regard se porte sur terre mais il indique déjà sa future ascension et aussi son retour en sauveur en gloire.

Dans le tableau de Raphaël deux anges, dans la même posture symétrique, un bras levé, l’accompagnent de part et d’autre, déroulant leurs phylactères : celui de gauche portant une tunique violacée, celui de droite une tunique verdâtre. Les anges sont aussi plus animés que les modèles du Pérugin et renvoient plutôt aux exemples florentins comme la Pala degli Otto et de Filippino Lippi, que probablement Raphaël eut l’occasion de voir pendant un de ses brefs déplacements qui ont caractérisé son activité dans la période antérieure à l’an 1504.

Raphaël s’est en partie affranchi du modèle en situant la scène dans un paysage plus varié et animé (lié à la leçon du Pinturicchio), dans la plus grande richesse et élaboration du tombeau, dans les vêtements plus raffinés, les gestes plus vifs, plus de force dans les couleurs, donnant un plus grand rendu plastique aux images. La plasticité et le mouvement des personnages montrent les progrès faits en une génération

Raphaël ajoute en bas à droite du tombeau un serpent se lovant, un oiseau genre héron se promène au bord de la rivière à droite.

Le sarcophage est à panneaux de marbres colorés, ouvert avec son couvercle déplacé, comme celui du pérugin. Raphaël va jusqu’à reproduire le nuage doré que le Pérugin a posé sous les pied du Christ, (la mandorle a disparu) Raphaël attire notre regard sur le léger nuage doré qui est aligné dans le rond du soleil levant,

Un groupe de femmes (les trois myrophores auréolées, inconscientes de l’événement) est visible dans le plan éloigné du paysage qui fait place, vers la droite, à un fleuve et à une perspective bleutée. En regardant de plus près on peut deviner les tours d’une ville dans l’ombre de la montagne (Jérusalem au bas du mont des Oliviers ?)

POURQUOI LE CHRIST EST-IL EN LÉVITATION ?

Après les horreurs de la Passion et la mise au tombeau, voici le matin de Pâques. La nouvelle se répand. Jésus a disparu ! Et il apparaît d’abord aux femmes qui courent au petit matin pour embaumer on corps, puis à Pierre et Jean, alertés par leurs exclamations. Jésus n’a pas simplement retrouvé un corps «ravivé» pour vivre comme avant, comme Lazare, qu’il avait rappelé à la vie : Lazare avait repris son existence et était mort une seconde fois.

La résurrection est l’élément central de la foi chrétienne. Il ne s’agit plus de revivre, de retrouver la vie d’avant la mort, mais de naître à une vie nouvelle dont Jésus montre le chemin ou «passage», ce que signifie le mot «Pâques». Saint Paul écrit que la mort et la résurrection du Christ sont une folie et un scandale, mais en même temps, y croire est la plus haute des raisons.

La Résurrection, c’est le fait que Jésus est élevé dans la gloire et qu’il nous donne l’Esprit, c’est le message que les peintres du Quattrocento nous délivrent. Cette représentation de Raphaël nous prépare aussi à l’ascension, au moment où Jésus disparaît définitivement aux yeux terrestres, pour donner rendez-vous aux croyants dans un au-delà lumineux.

« Christ est ressuscité. »

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Pâques

Huile sur bois ; National Gallery, Londres, imitateur d’Andrea MANTEGNA, XVe siècle italien

ÉVANGILE DE JEAN chapitre 20

« Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu’il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a mis. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas vu que, d’après l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. »

 

AVANT D’ENTRER DANS LA SCÈNE DU TOMBEAU VIDE

Les quatre Évangiles canoniques rapportent que pendant la Crucifixion du Christ, de nombreuses femmes qui «l’ont suivi de Galilée» étaient là pour l’observer de loin (Matthieu 27: 55-56; Marc 15: 40-41; Luc 23: 49; Jean 19: 24-27). Après la mort du Christ, certains d’entre eux ont été impliqués dans son inhumation non loin du site d’exécution (Matthieu 17: 59-61; Marc 15: 46-47; Luc 23: 53-55; Jean 19: 40-42) . Après que Jésus fut passé de ce monde à son Père, Joseph d’Arimathie, homme influent, membre du Conseil, attendant lui aussi le royaume de Dieu eut le courage d’aller chez Pilate pour demander le corps de Jésus. Joseph, acheta donc un linceul, il descendit Jésus de la croix, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans un sépulcre qui était creusé dans le roc.  Puis, il roula une pierre contre l’entrée du tombeau.  Pilate fit garder ce tombeau.

UNE OEUVRE ITALIENNE DU XVe siècle

Le tableau présenté date de la renaissance italienne, il ressemble à ceux peints par Andréa Mantegna, les couleurs sont altérées par le temps. Ce tableau est fortement inspiré des plus anciennes images connues des femmes porteuses de myrrhe notamment celle encore présente dans un baptistère à Dura-Europos (232 – 256 après JC). Les icônes du XIIIe siècle comme les icônes russes et byzantines, représentent la tombe et le tissu, le nombre et les poses des myrrhophores et des gardes, selon un modèle fixé dans la période post-iconoclaste. (Après le IXe siècle) Rien ne prouve qu’il s’agit d’une oeuvre peinte par Mantegna, même si l’on retrouve de nombreux détails similaires aux œuvres peintes dans les années 1450 (Retable de San Zeno, Saint Jérôme dans le désert…) cette huile sur bois pourrait avoir été écrite dans son atelier.

LECTURE DU TABLEAU DES FEMMES MYRRHOPHORES

L’œuvre est coupée en deux parties par une diagonale séparant une montagne à la façon des icônes, d’un fond paysager à la mode des peintres de la renaissance italienne. Nous découvrons sur la gauche du tableau une montagne désolée, aride, avec cependant quelques plantes naissantes çà et là, au pied de ces rochers une source sortant d’un trou béant et un arbre cassé. Observons d’abord l’arbre situé en bas à gauche de l’œuvre, deux petites racines trempent dans l’eau, un rameau vert montre que la vie peut naître d’un tronc paraissant mort. L’eau dans lequel s’abreuve l’arbre cassé coule d’un trou noir provenant de la montagne. Symboliquement la montagne est le lieu habité par Dieu. De cette source renaît donc la vie. Le peintre, s’inspirant des icônes représentant le sujet ne s’embarrasse pas avec la réalité, le sépulcre n’est pas fermé par une quelconque pierre pourtant indiquée dans l’évangile. Le peintre déplace même le sarcophage devant la porte afin que le spectateur puisse se rendre compte de ses propres yeux qu’il est vide ! Mieux, un ange montre le linge vide dans lequel reposait le corps de Jésus. Cet ange est vêtu de blanc, le blanc symbolise la lumière divine. La partie gauche du tableau qui dans le sens de la lecture figure l’avenir laisse apparaître, entre les femmes, un arbrisseau qui prend racine sur la montagne s’élançant vers le ciel au-delà des limites du panneau de bois. Les montagnes sur l’arrières plan sont verdoyantes, on devine la ville de Jérusalem s’élançant vers le ciel tout près de la montagne aride. Le ciel en dégradé de blanc au bleu indique que le soleil va se lever, le Seigneur comme le soleil va arriver.

Trois femme auréolées sont représentées. Les femmes portant la myrrhe se demandaient comment elles feraient pour entrer dans le lieu de sépulture de Jésus, marie-Madeleine arrivée la première voit le sarcophage vide et le linge enveloppant le corps de Jésus ! Il n’est pas fait état de la présence d’un ange dans le texte de Jean, alors que Marc le mentionne. Le regard de Marie-Madeleine est figé sur le linge, sa main gauche porte un pot d’onguent et sa main droite s’ouvre on s’attend à une exclamation, le mouvement de tout son corps traduit la surprise, la crainte ! Elle est vêtue de pourpre et de bleu. Le rouge est la couleur royale dans la tradition byzantine, c’est la couleur de la chaleur, de l’amour, de l’énergie vivifiante, de la victoire de la vie sur la mort ! Le bleu foncé dans l’art iconographique représente l’infini du ciel, le monde éternel. La deuxième femmes vêtues elle aussi de bleu foncé croise les bras sur sa poitrine en montant vers le sépulcre, il se passe quelque chose d’extraordinaire dans le monde éternel qui dépasse ce que constate Marie-Madeleine. La troisième femme les yeux baissés ne s’est encore rendu compte de rien. Elle représente le reste du monde qui n’imagine pas encore l’incroyable événement.

La surprise est grande ! L’évangile ne dit pas ce que Jean a vu, ni même ce qu’il croit. En fait, il ne voit rien, il voit qu’il n’y a rien là où il aurait dû voir un cadavre. Nous voici au centre de la foi, la résurrection s’est d’abord manifestée par une absence. Cette absence d’un cadavre, absence de la preuve de la mort est inouïe ! Les femmes myrrhophores , comme nous, sont habituées à voir dans la mort le contraire de la vie, et voici que ces deux « opposés » se mêlent.

LA VIE VICTORIEUSE DE LA MORT

Selon saint Jean, Marie Madeleine, a déjà été témoin de la résurrection de son frère Lazare, la résurrection de Lazare n’est pas, dans le texte, de même nature que celle du Christ, celui-ci s’était alors manifesté maître de la vie et victorieux de la mort. Il ne s’agit pas d’un miracle ordonné par Jésus mais de la manifestation d’un changement qui touche par Jésus lui-même le peuple des chrétiens. Tout montre dans ce tableau que la mort est désormais condamnée à produire de la vie, le rameau sur le tronc d’arbre sec, l’arbrisseau qui s’élance depuis une montagne aride, c’est une vie au-delà de l’expérience de l’ancien monde.

Ce sont les femmes qui, les premières, ont vu la Résurrection et l’ont annoncée aux Disciples. Il fallait en effet que le sexe féminin, le premier qui succomba au péché et reçut comme héritage la malédiction, vit aussi le premier la Résurrection et le premier reçût l’annonce de la joie, lui qui s’était entendu dire : «Tu enfanteras dans les douleurs.»

La mort n’est pas un terme, c’est une nouvelle naissance ; elle est une route, un passage. Nous allons vers la vie. La mort n’a que l’avant-dernier mot. La résurrection du Christ et les récits qui nous l’annoncent sont une sérieuse épreuve pour la foi.

Toute la foi est fondée sur ce « mystère ».

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ANNONCIATION

Évangile

26 Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,

27 à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.

28 L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »

29 À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.

30 L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.

31 Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.

32 Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;

33 il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »

34 Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? »

35 L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu.

36 Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile.

37 Car rien n’est impossible à Dieu. » 38 Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est tableau-caravage-1.jpg
Huile sur bois largeur 185cm, longueur 201,5cm Musée des Beaux Arts de Nancy exécuté en 1608 par Le caravage pour le Duc Henri II de Lorraine

L’annonciation est une des créations ultimes du Caravage qui fut exécutée à Malte ou à Naples pour le duc de Lorraine en 1608. L’œuvre dut être envoyée à Nancy dès son achèvement car Henri II en fit don pour orner le maître autel de la primatiale ouverte au culte en 1609 (actuelle cathédrale) Le CARAVAGE avait perdu le goût de l’antique, il méprisait les œuvres de RAPHAEL, se présentant comme peintre de la réalité de son époque. Il mettait volontiers en scène  des personnes de passage y compris des gueux et gitans… L’annonciation reflète le naturalisme du peintre. La scène se passe dans la chambre de la vierge dont on devine le lit encore défait. L’œuvre trahit la vision pessimiste et la profonde tristesse existentielle qui imprègne nombre d’œuvres du CARAVAGE. Il semble qu’un pesant et noir silence soit installé

La lumière fortement contrastée introduit l’ange avec véhémence  au milieu de l’obscurité. Cette lumière éclaire 3 points : le dos de l’ange, la tête de Marie et une infime partie de l’arrière plan! L’ange Gabriel est un jeune adolescent ébouriffé en suspension vêtu d’un drap, peut-on imaginer qu’il n’est pas très propre ? La mise en lumière ne fait pas apparaître son visage !

Il apostrophe Marie d’un geste dominateur ! Est-ce un mouvement de désignation ?

« Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »

Marie est une jeune femme habillée simplement  de rouge et de bleu, parée de sa beauté naturelle et se prosternant triste et obéissante.

« Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »

Nous devrions exulter de joie à cette annonce !

Aucune joie ni espérance, aucun paysage ni perspective permet à l’œil de se réjouir ni de s’échapper.

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LA TRANSFIGURATION

 Huile sur toile    H. 407 ~ L. 670 cm au Musée des Beaux-Arts de Nancy Œuvre de 1605 de Pierre-Paul RUBENS

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean,
et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne.
Et il fut transfiguré devant eux.
Ses vêtements devinrent resplendissants,
d’une blancheur telle
que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.
Élie leur apparut avec Moïse,
et tous deux s’entretenaient avec Jésus.
Pierre alors prend la parole
et dit à Jésus :
« Rabbi, il est bon que nous soyons ici !
Dressons donc trois tentes :
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
De fait, Pierre ne savait que dire,
tant leur frayeur était grande.
Survint une nuée qui les couvrit de son ombre,
et de la nuée une voix se fit entendre :
« Celui-ci
est mon Fils bien-aimé :
écoutez-le ! »
Soudain, regardant tout autour,
ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.

Ils descendirent de la montagne,
et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts.
Et ils restèrent fermement attachés à cette parole,
tout en se demandant entre eux ce que voulait dire :
« ressusciter d’entre les morts ».

L’ŒUVRE DE RUBENS

Enlevé en 1797 de l’église de la Trinité à Mantoue, lors de l’occupation française, il fut donné en 1801 au musée de Nancy. Une vieille chronique, trouvée par M Michel à la bibliothèque de Mantoue, nous apprend que ce tableau fut commandé à Rubens en 1604, avec deux autres, à l’occasion de la mort d’Éléonore d’Autriche, mère du duc Gonzague, et qui venait d’être enterrée dans ladite église de la Trinité. La chronique ajoute que ce tableau de la transfiguration fut très remarqué, et qu’on venait l’admirer de toutes parts.
Actuellement au musée de Nancy, l’œuvre, un peu dégradée, frappe par ses grandes dimensions, par ses brusques oppositions d’ombre opaque et de lumière. Par ce dernier caractère, il rappelle la manière de Caravage, dont l’influence, grande à cette époque, devait se faire sentir sur toutes les premières œuvres de Rubens.

L’inspiration de la composition de Raphaël est évidente. RUBENS est parti pour l’Italie le 8 mai 1600, d’abord à Venise où il rencontre le duc régnant de Mantoue, Vincent de Gonzague, qui le nomme peintre de sa cour. Il l’accompagne à Florence, puis à Gênes. En juillet 1601, il est à Rome où il copie des œuvres pour son patron. Les dessins de fragments de la Transfiguration conservés au Louvre, sont de la main du jeune peintre.

Ce tableau contient en fait deux scènes des évangiles, au premier plan est peint la guérison d’un enfant épileptique (Marc 9,14-29 ou Matthieu 17,14-21 ou Luc 9,37-43a. L’enfant est peint en vêtement clair en bas à droite de l’œuvre, Jésus est représenté en rouge au centre du groupe de ses disciples qui n’ont pas pu chasser l’esprit.

Jésus triomphe de l’esprit mauvais en bas de l’œuvre pour apparaître transfiguré , (changeant d’apparence corporelle le révélant à sa nature divine,) dans un mouvement tourbillonnant de nuées en haut du même tableau. En haut à gauche on reconnaît Moïse et de l’autre côté Elie. Sous ses pieds, saint Jean est à genoux, saint Jacques en prière et saint Pierre à genoux le regardant.

Pour voir les détails de l’oeuvre depuis votre fauteuil :http://collections-mba.nancy.fr/fr/search-notice/detail/71-la-transfigu-ac7b2?search=

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Carnaval et Carême

Le panneau de bois peint par Pieter Brueghel l’Ancien en 1559, représente une lutte traditionnelle de l’époque, où deux chars et deux personnages …

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Carnaval et Carême

Combat du Gras et du Maigre

Combat de Carnaval et Carême panneau de bois peint à l’huile en 1559

Le panneau de bois peint par Pieter Brueghel l’Ancien en 1559, représente une lutte traditionnelle de l’époque, où deux chars et deux personnages étaient chargés d’incarner le combat entre le mardi gras ou Carnaval et le mercredi des Cendres jour d’entrée en Carême. Ces deux défilés rivaux devaient finalement s’affronter. Ce panneau de belle taille (118cm x 164,5cm), fait partie de la collection de l’empereur Rodolphe II, il est actuellement exposé au Kunsthistorisches Museum à Vienne

La peinture flamande

Au XVIe siècle quatre peintres : Piéter Brueghel, Jan van Eyck, Jérôme Bosch et Pierre Paul Rubens, de l’École flamande ont influence notable sur l’art et la peinture européenne. Brueghel l’ancien est le premier d’une dynastie de 4 générations de peintres flamands. Le peintre appréciait se mélanger aux milieux paysans, participant à des mariages et rassemblements populaires. Il reproduit donc fidèlement les scènes qu’il observe de leurs fêtes et de leurs jeux, avec enjouement et finesse. L’œuvre présentée nous aide à mieux connaître la vie des flamands du XVIe siècle.

Carnaval et Carême

À l’origine, il y a le carême, période de prière, jeune et aumône avant Pâques, La durée du Carême – quarante jours sans compter les dimanches – fait en particulier référence aux quarante années passées au désert par le peuple d’Israël entre sa sortie d’Égypte et son entrée en terre promise ; elle renvoie aussi aux quarante jours passés par le Christ au désert entre son baptême et le début de sa vie publique. Ce chiffre de quarante symbolise les temps longs de préparation à de nouveaux commencements. Le carême commence le mercredi des Cendres et s’achève le samedi Saint.

Le carnaval vient du latin médiéval carne levare : enlever la viande (des repas). La viande désignant le gras que l’on mange les jours gras (Autrefois, on les appelait aussi les jours charnels). Le carnaval a le même sens que le carême-entrant ou carême-prenant qui désignaient, à l’origine, le début du carême. Ces termes ont ensuite désigné la fête clôturant les derniers jours avant le carême. Ainsi la semaine des sept jours gras précède les 40 jours maigres de carême ! Le Mardi gras est le dernier des jours gras, celui qui est fêté avec le plus d’éclat ! Au jeûne et à l’abstinence s’oppose alors le carnaval.

Depuis l’origine du Carnaval, les conventions et les règles sociales sont modifiées, bousculées et oubliées et c’est pourquoi cette fête continue de séduire encore aujourd’hui. Le roi devient un humble habitant, le mendiant est sacré roi du Carnaval, chacun se promène masqué ou grimé, et se cache derrière son masque pour faire ce qui lui est interdit en temps normal. Pieter BRUEGHEL peint ce moment du basculement du Carnaval vers le Carême sur la place du marché au centre d’un village.

Une peinture riche en allégories et en symboles.

Le ton de couleur est, comme souvent chez Brueghel, en majorité ocre et rouge. La lumière semble illuminer davantage le centre de la place que ses extrémités, captant l’attention sur les activités du marché. L’important est disséminé sur tout l’espace. Brueghel n’utilise pas la perspective en vogue en Italie, d’où il est revenu quelques années auparavant. D’un point de vue architectural, la place du marché , vue en altitude, est encadrée par l’auberge à gauche (la maison avec un bateau en porte-drapeau), l’église à droite, reconnaissable par son architecture en arche et son symbole de la Trinité sur la façade ; à l’arrière plan, une maison en haut jaune et un groupe de maisons rouges.

Cette œuvre illustre le partage de la société villageoise flamande entre deux tentations distinctes : la vie tournée vers le plaisir dont le centre est l’auberge située à gauche du tableau ; et l’observance religieuse dont le centre est la chapelle à droite du tableau mais aussi entre deux religions s’opposant en 1559 : le protestantisme, qui fait fi du Carême, et catholicisme, qui le respecte. Il faut néanmoins noter que la « confrontation » du gras et du maigre, et, des courants religieux se fait dans le sens de la lecture chronologique du tableau : Carnaval, à gauche, avec sa procession semble laisser place à Carême, à droite à une procession religieuse.

Le peintre décrit une douzaine de scènes, comme autant de façons de vivre le Carême ou les jours qui le précèdent. L’ensemble est animé et un peu brouillon et nous montre, par une vue plongeante les habitants pêle-mêle, dispersés, de ce village pris sur le vif, il faut donc observer cette population scène par scène.

1) Le cortège de Carnaval descend vers la place en direction de l’auberge, serpente devant l’auberge pour rejoindre Monsieur Carnaval à califourchon sur son tonneau. Au fur et à mesure de la progression de la rue vers le premier plan le sérieux fait place aux défoulement, la musique retentit, des chansons sont entonnées, la bière coule, les jeux s’installent, le défoulement précède les excès… Tout devient possible!

2) Un musiciens soufflant dans un instrument à vent ressemblant à un biniou marche devant le cortège, on devine près du feu, au bout de la rue : un tambour et un flûtiste, plus près, un guitariste, et même de faux musiciens munis d’instruments culinaires…

procession, musiciens et danseurs au Carnaval

3) La danse, 5 personnes forment une ronde enjouée, imaginons notre difficulté à distinguer une musique cadençant les mouvements dans ce charivari général, cris bruits de crécelles et rires finissent pas couvrir les instruments de musique.

ivrogne au carnaval

4) Un ivrogne debout sur un tonneau se trouve au coin de la rue, un habitant lui jette un seau d’eau depuis l’étage.

Les comédiens

5) La comédie se joue sur la place, Deux frères Valentin et Orson illustrent le roman de chevalerier attaché au cycle carolingien. C’est l’histoire de deux frères jumeaux, abandonnés dans les bois en bas âge. Valentin est élevé comme un chevalier à la cour de Pépin le Bossu, alors qu’Orson grandit dans la tanière d’une ourse et devient un homme sauvage des bois. Les deux frères seront amenés à se combattre sans savoir qu’ils sont frères, …Orson tient un flambeau alors qu’il se trouve en pleine lumière, à gauche près de l’auberge se joue une autre scène.

6) En plusieurs lieux de la place des joueurs drôlement habillés se livrent aux jeux de hasard, (dès, cartes) ces jeux s’opposent à ceux qui se déroulent près de l’église.

7) Un vent de folie souffle sur le cortège, une femme porte sur la tête une table garnie de pâtisserie, portant un cruche dans la main droite et une chandelle dans la main gauche. Le guitariste porte une marmite sur la tête, un enfant est couronné, des cartes jonchent le sol, le désordre est installé à gauche du tableau.

8) Le marché: La personne qui fait des crêpes tourne le dos à la poissonnière elle-même tournée vers l’église, l’étal de poissons énormes, est prêt pour les jours maigres de Carême, ils ne peuvent pas passer inaperçus! De même le puits placé au centre de la place à une valeur symbolique, une femme y trouve de quoi étancher sa soif. Au fond un marchande prépare un panier, les pâtisseries sont mises en devanture, une femme montée sur une échelle lave les carreaux.

Cortège, danseurs, joueurs …
Puits, poissonnier

9) Les extrêmes se mêlent pacifiquement : Le noble, les pauvres et les mendiants, cohabitent sur cette places toutes les conditions : les forts et les faibles, les riches et les pauvres, les bien-portantes et les affamés Les mendiants, infirmes, sont dispersés par petits groupes : il est facile de distinguer des aveugles et plusieurs estropiés. Des malades et des mendiants, se tournent vers l’église et ses fidèles qui viennent à leur rencontre.

Les estropiés
L’aumône
Les toupies

10) Les divertissements communs aux deux côtés se trouvent au milieu de la place du marché : jeux de balles avec des ustensiles de cuisine et jeux de la toupie, se trouvent entre les cortèges sortant de l’église et cortège arrivant de la rue. Les joueurs de toupies qui maîtrisent ces jeux d’habileté sont nombreux près de l’église.

Les nonnes portent une croix de cendre sur le front

11) Le double cortège du Carême sort de l’église, une partie rejoint le centre de la place, l’autre partie passant par la grande porte devant un crucifix, est composé par des notables et des nonnes de noir vêtues, marquées d’une croix de cendres sur le front. Ces personnes rencontrent les mendiants, estropiés et malades, le Carême est  » Jeune, Prière et Aumône« 

12) Le combat de Carnaval et Carême : au premier plan, une compétition entre la figure du Carnaval et celle du Carême sur leurs chars respectifs (un tonneau, pour le Carnaval – et une chaise triangulaire montée sur un plateau à roulette, pour le Carême) avec leurs cortèges respectifs (des personnes à masques inquiétants, colliers d’œufs ou chapeaux pointus pour Carnaval et des enfants jouant avec une crécelle pour le Carême)

Nous nous trouvons dans le cadre d’action traditionnel d’une scène de mardi gras, qui consistait à l’époque en un cortège derrière la figure du Carnaval défilant dans toute la ville. Dans certaines traditions du côté catholique, la fête se terminait par le moment où l’effigie du Carnaval était brûlée. Ici, Carnaval est incarné par l’homme bedonnant sur sa barrique de bière (sur laquelle un large morceau de viande de porc est rivée par un couteau). Il porte comme couvre-chef une large tourte de viande et brandit une lance, sur laquelle est empalée une tête de cochon, un poulet, des saucisses et un petit gibier. Cette insistance autour du thème de la viande est bien entendu destinée à montrer que la viande du Carnaval contraste avec le Carême, où toute consommation de viande est interdite. (La tradition protestante prône l’austérité.) L’opposition est accentuée par l’allure de l’homme qui appartient visiblement à la corporation des bouchers, comme son long couteau autour de sa ceinture semble l’indiquer. Il était en effet de tradition que la figure du Carnaval soit issue de la guilde des bouchers. Derrière lui se tient un homme vêtu d’une tunique jaune (couleur traditionnellement associée à la tromperie) et d’un chapeau pointu. En face prête au combat une femme bien plus maigre, à l’air maladif, tend deux poissons au bout de sa pelle de boulanger. Cette figure de Carême est tractée et accompagnée de crécelles, mises au premier plan. A grand bruit, le Carême arrive.

Face aux excès du Carnaval

Pour contrebalancer les excès de Carnaval, se déroule à Rome le pèlerinage aux Sept églises. Entrepris de manière informelle au début des années 1540 par saint Philippe Néri et quelques disciples, il prit de l’ampleur lors de l’année jubilaire 1550 et devint une pratique stable et organisée à partir de 1559. À l’origine le pèlerinage durait deux jours (mercredi et jeudi gras) et était spécifiquement conçu comme alternative au carnaval profane.

Au travers de cette oeuvre une vision de Brueghel l’Ancien

Le mardi gras se termine avec tous ses excès, Carême arrive et va gagner le combat, on peut déjà observer un lieu de prière, l’aumône est donnée, et le jeune qui se prépare ; mais Brueghel l’Ancien veut faire prendre conscience au spectateur de l’opposition entre les mondes ( gras – maigre) (bien portant – malade ou estropié) (envies irrépressibles – règles de l’observance) (catholique – protestant) veut-il y voir les prémices des guerres de religions qui arrive ? Il s’agit surtout d’une représentation d’un monde bouleversé par les luttes religieuses et politiques.

Nous sommes entrés en Carême

Le message du Saint-Père pour le Carême 2021 publié le vendredi 12 février 2021

« Voici que nous montons à Jérusalem… (Mt 20,18) » . Le Carême, un temps pour renouveler notre foi, notre espérance et notre charité.« 

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Œuvres commentées

ENTREE DU CHRIST A JERUSALEM RAMEAUX

En l’église de Saint Germain des prés fresque d’Hyppolite FLANDRIN 1842

Ecole néo classique

Deux tableaux représentant la même scène se trouvent dans l’église Saint-Germain-des-Prés. Avant l’abbatiale de Saint-Denis et jusqu’au roi Dagobert, l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés était la nécropole royale des rois mérovingiens (VIe et VIIe siècles). Il y avait là une basilique et un monastère qui furent dédiés à saint Germain vers 754, en mémoire de l’évêque de Paris.
L’abbaye est détruite par les Normands à la fin du IXe siècle, réédifiée à la fin du Xe. Jusqu’au XVIIIe siècle, l’abbaye est un centre spirituel, intellectuel et artistique, célèbre pour ses moines copistes. À la Révolution, l’abbaye est dissoute. Les bâtiments servent de raffinerie de salpêtre, ce qui cause des dégâts considérables. Elle est rendue au culte en 1803. Au XIXe siècle, des restaurations sont entreprises par les architectes Godde et Baltard. C’est avec Baltard que l’église s’orne de nombreuses fresques et de tableaux. Malgré les transformations au fil du temps, Saint-Germain-des-Prés a gardé les éléments d’origine qui lui confèrent un aspect roman indéniable.

Une composition antique :  Hyppolite FLANDRIN a beaucoup travaillé le style historique avant de passer aux compositions religieuses.

Le style est  marqué par un certain idéalisme décroché du réalisme.

Particularité de la mise en valeur de l’ânon (Evangile de Matthieu seulement) Alors que les autres évangiles font entrer Jésus sur un seul âne, Matthieu le représente sur deux à cause de l’interprétation qu’il fait du livre de Zacharie : « Tressaille d’allégresse, fille de Sion! Pousse des acclamations, fille de Jérusalem! Voici que ton roi s’avance vers toi; il est juste et victorieux, humble, monté sur un âne, sur un ânon tout jeune. » (Za 9,9)     Les lecteurs assidus des psaumes savent que la poésie hébraïque joue beaucoup sur la répétition. Les trois autres évangiles témoignent d’une compréhension de ce texte comme désignant un seul âne, ce qui a beaucoup plus de sens. Pourtant, Matthieu lui voit en Za 9,9 deux animaux distincts. Pour lui, il est si important de montrer que la prophétie telle qu’il la comprenait s’est réalisée, qu’il ne se soucie pas de l’invraisemblance de la scène.

Jésus avance vers mort et résurrection, il porte l’auréole, tous lui montrent la voie. Son vêtement va du bleu au rouge  donc de l’humanité à divinité, la manche est jaune : Depuis le xxe siècle, le jaune est à nouveau valorisé. Il symbolise la renaissance printanière, les richesses naturelles via le blé, le maïs, le miel et la plupart des céréales. Il évoque la richesse matérielle, la domination, la lumière, l’éternité et la foi, en étant l’une des couleurs les plus claires, liée à la gaieté et à la jeunesse. La foule est figée gravement, certains visages semblent voir Jésus portant sa croix (école romaine du XVIe siècle) en bas à droite un homme est prosterné, plus haut une femme prie, un enfant est élevé, (on se croirait à l’audience du pape),  le temps s’arrête…

Les fresques viennent d’être restaurées, elles sont éclatantes de couleurs vives

Symbolique de l’âne : Depuis l’Antiquité, l’imaginaire associé à l’âne est la stupidité, l’obstination, la ruse, la lâcheté, la laideur, la luxure. L’absence d’intelligence est la plus typique connotation liée au nom de l’âne. Plusieurs auteurs de l’Antiquité (Columelle, Ovide, Phèdre, Ezop, Apulée) signalent les conditions pénibles de la vie d’âne et les mauvais traitements dont il est victime.  Les caractéristiques spécifiques de l’animal sont déformées : sa patience, son caractère modeste et paisible sont interprétés Deux têtes d’hommes en relation avec l’âne  comme les manifestations d’un esprit borné. Apollon change les oreilles du roi Midas en oreilles d’âne pour avoir préféré la musique du temple de Delphes plutôt que les  sons de la flûte de Pan. L’élément instinctif de l’homme, une vie qui se déroule au plan terrestre et sensuel. On exhibe sur son dos, le coupable d’adultère sur la place du village. L’ânesse, elle, évoque l’immoralité :  » Je suis une grande pécheresse, plus vile qu’une vieille Turcs désignant une femme sur un âne : la femme adultère 

Associé au milieu humble, acteur des fêtes burlesques et des coutumes infamantes, l’âne est perçu au moyen âge comme une monture déshonorante. Il est particulièrement incompatible avec l’état chevaleresque. Lorsque, dans un proverbe, un homme apparaît en compagnie de l’âne, il en subit une sorte de dégradation. Il est réduit à un rôle déshonorant:  » faire le dupe « . L’âne a une fonction économique centrale dans les campagnes: bête de somme, animal du moulin, où il actionne la meule

Ici, le rôle positif de l’âne dans le symbolisme chrétien (de la crèche à l’entrée de Jésus dans Jérusalem) lui vaut une place privilégiée en dehors de l’imaginaire décrit ci-dessus. Même si selon la Bible, l’âne est à ranger sur la liste des animaux impurs  » Mieux vaut pièce de porc, que hanche d’âne « . Guénon interprète la présence de l’âne dans la crèche en l’opposant à celle du bœuf: les tendances maléfiques s’opposant aux tendances bénéfiques. L’entrée du Christ à Jérusalem sur un âne peuvent figurer ces mêmes forces maléfiques vaincues, surmontées par le Rédempteur, la condition sociale inférieure. L’âne à lui seul connote la pauvreté. Il est mis en opposition avec d’autres animaux domestiques de statut supérieur (avec le bœuf en latin, le cheval en français). Arabe sur un âne

Symbolique de la palme : Alors que dans les tableaux vus précédemment les foules ramassaient des branches d’oliviers, la foule tient à l main des palmes : Dans la mythologie égyptienne, le palmier est l’attribut d’Isis. Il symbolise la vie éternelle. De même, cet arbre représentait aussi Thot (le dieu de la sagesse et de la science). Il symbolisait alors le principe masculin dans la nature. Comme tout rameau, toute branche verte, la palme est considérée comme symbole de vitalité, donc de victoire. Les palmiers offrent l’ombre et les dattes rafraîchissantes, offrent à ceux qui vivent dans les zones désertiques la verdure de la terre promise. Dans le même esprit, les Grecs et les Romains feront de la palme l’insigne de la victoire, qu’elle soit obtenue dans les compétitions sportives et littéraires des jeux, ou bien qu’elle soit fêtée lors du triomphe des généraux romains.

 A la coupole du baptistère des Ariens à Ravenne, ce sont douze palmiers qui figurent l’arbre de vie pour scander la procession des douze apôtres qui représentent la foule des bienheureux décrits par l’Apocalypse. Cet arbre est particulièrement riche de symbolisme parce qu’il offre son ombre rafraîchissante et ses fruits réconfortants dans le désert dangereux. Ses propres feuilles deviennent elles-mêmes symbole de victoire sur la mort et le mal et c’est pour cela qu’elles rappellent la glorification des martyrs.

A tous, bonne montée vers Pâques

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Le Combat de Jacob et de l’Ange

Tableau de DELACROIX en l’église Saint Sulpice de Paris

Chapelle des anges de l’église Saint Sulpice
Légende à disposition du public

Comme Jacob, puissions-nous nous engager dans ce combat spirituel pour en sortir transformé et plus proche de Dieu.

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GOD IS AN ARCHITECT

Gravure de William BLAKE 18e siècle

Gravure réalisée en 1794 à l’encre (23cm x 17cm) British Museum

Revendiquant la supériorité de l’intuition mystique sur la raison, Blake estimait que les formes parfaites ne peuvent être reproduites que d’après les visions intérieures et non pas d’après l’observation de la nature. Dans cette gravure à l’eau-forte, on voit l’influence de Michel-Ange sur le plan artistique, tandis que le compas d’or avec lequel le Démiurge façonne le monde évoque explicitement le poème de Milton.

Au milieu d’une nuée qui pourrait faire penser au chaos noir comme le néant originel, apparaît une lumière.

Dieu est représenté âgé, barbu les cheveux au vent inscrit dans un cercle (symbolique divine du cercle par St Thomas d’Aquin)

Il tient de son bras gauche sortant de ce cercle un compas doré qui rappelle le symbole de la troisième grande lumière pour les francs-maçons lorsqu’il est ouvert à 90°.

Le compas fait aussi référence à l’infini du cercle et sa référence au soleil.

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PURIFICATION DE LA VIERGE

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes. Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :

 « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut  que tu préparais à la face des peuples :  lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »

 Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui.  Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction  – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

 Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.  Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.  L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

Présentation de Jésus au Temple peinte par Gentilis di Fabriano en 1421, Musée du Louvre

Au moment de la commande par Palla di Onorio Strozzi, Gentile da Fabriano était bien apprécié de ses contemporains en raison de son style élégant et précieux et d’un usage délicat de la lumière, sa réputation en faisait déjà le grand représentant du style gothique international. Les plus riches marchands et banquiers se paient les services des plus grands artistes. Il faut instruire les gens, marquer les mémoires en exposant les mystères de l’histoire sainte, éveiller un sentiment de dévotion chez ceux qui les regardent, la scène attire les notables.

Gentile da Fabriano se plaît à introduire progressivement dans ses œuvres les morceaux d’une réalité puisés dans la vie urbaine : Au fond de l’édifice, la foule se presse. Sur la place, à gauche, deux dames élégamment vêtues à la mode du XVe siècle observent la scène de l’extérieur, tandis qu’à droite, deux vieux mendiants demandent la charité. Ici les deux vieux miséreux à droite du tableau ne sont que des éléments du décor ainsi qu’en témoigne les couleurs des vêtements quasiment confondues avec celles des murs et du sol pavé.

Atmosphère …

Le traitement de la lumière montre que le peintre a étudié les phénomènes lumineux, et en transpose les règles avec réalisme, remarquons que les éclairages proviennent de deux sources différentes. Il y a celle qui, irradie de la lampe suspendue au centre de la pièce, baigne l’intérieur du temple dans une atmosphère chaude, légèrement dorée. Et puis il y a celle du jour, plus blanche, plus froide, qui éclaire la ville et ses citadins, tout en jouant de manière illusionniste sur les disques métalliques en relief placés aux écoinçons des arcs.

Architecture Florentine :

Les bâtiments sont reproduits selon des règles de la perspectives redécouvertes, les peintres s’emploient à intégrer les effets apportant du réalisme. Au cœur d’une ville, un temple polygonal s’ouvre sur une place dallée, bordée de palais et à droite d’un portique. À cette époque, l’architecte Brunelleschi (1377-1446) a déjà livré sa première vue en perspective  de la place du Baptistère de Florence dont la photo est reproduite plus haut. Les arcades et façades, typiquement florentines, s’offrent encore aux touristes de nos jours.

Une palette colorée typique de la renaissance italienne :

Le fond du tableau n’est plus couvert d’or mais de bleu. Au début du XIVe siècle, les théories sur la couleur issues de l’Antiquité et du Moyen-âge continuent à prédominer, alors que certains esprits scientifiques s’essayent à la construction des premiers espaces de couleurs. Parallèlement à cette évolution, les peintres et les artistes ont déjà une bonne connaissance des mélanges de couleurs que nous appelons mélanges soustractifs de nos jours. On découvre alors que l’ensemble des couleurs peuvent être obtenues à partir d’une base de trois couleurs primaires : le bleu, le rouge et le jaune. Le cercle de couleurs basé sur des couleurs fondamentales, sur des couleurs complémentaires et sur des couleurs dérivées est une notion acquise dès le début de la période de la Renaissance. Le bleu est fait delapis-lazuli (bleu outremer) le pigment est obtenu en broyant un minéral naturel, la lazulite, qui est une pierre semi-précieuse, il faut, à l’époque remplacer l’or du fond de l’icône byzantine par de précieux pigments. La Renaissance fait vibrer les couleurs selon différentes techniques et styles, notamment, ici,  le « maniérisme » qui rompt avec les règles de représentation de la réalité et privilégie l’émotion artistique. L’œil est attiré par les jaunes, bleus, rouges, verts qui brillent au centre du tableau.

Un temple habité

La Vierge et saint Joseph y sont entrés pour présenter leur fils premier-né au Seigneur et y sacrifier deux jeunes colombes. Sur la droite sont placés Siméon et la prophétesse Anne qui tient un phylactère.

Recevant l’Enfant dans ses bras, Siméon reconnaît en lui le Messie que le Seigneur lui avait promis de voir avant de mourir. Montrant le Sauveur de son index, Anne le désigne à «tous ceux qui attendent la délivrance de Jérusalem» (Luc, II, 38).

Le temple est aussi habité de nombreux personnages à l’arrière plan, recherchez-les!

Ce qui est important se passe à l’intérieur du temple et il y a foule ! Les spectateurs sont anonymes et discrets, en dehors des personnages principaux, les visages se fondent dans le fond foncé. Les croyants sont rassemblés pour un événement : l’annonce de Siméon à la barbe de sage.

Le sens       Présentation de jésus au temple, Purification de la Vierge, Hypopante, Chandeleur,

La loi juive affirmait à toute femme ayant enfanté un fils qu’elle restait impure pendant sept jours, exclue à la fois du contact de l’homme et de l’entrée dans le temple. Après sept jours, elle était libérée de cette impureté par rapport au contact de l’homme, mais restait impure pendant trente-trois jours interdite d’entrée du temple. Le quarantième jour après sa délivrance, elle était admise dans le temple, où elle offrait son enfant avec des présents.

La Vierge Marie n’avait pas à se soumettre à cette loi de purification, puisque sa grossesse ne venait point d’une semence humaine, mais de l’Esprit de Dieu. Cependant elle se soumit à cette loi :

1° pour donner l’exemple de l’humilité ;

2° pour rendre hommage à la Loi, que son divin fils venait accomplir et non point détruire ;

3° pour mettre fin à la purification juive, et pour commencer la purification chrétienne, qui se fait par la foi, purifiant les cœurs ;

4° pour nous apprendre à nous purifier, durant toute notre vie.

Donc la Vierge vint au temple, y présenta son fils, et le racheta. Les premiers nés des douze tribus pouvaient se racheter, tandis que les premiers nés des lévites ne le pouvaient pas, et, parvenus à l’âge adulte, devaient tous servir dans le Temple. Et comme le Christ était de la tribu de Juda, il avait à être racheté. La Vierge offrit pour lui au Seigneur un couple de tourterelles, ce qui était l’offrande des pauvres, tandis que l’agneau était l’offrande des riches.

Cette fête s’appelle l’Hypopante, ou Présentation, parce que le Christ fut présenté au Temple, où Siméon et Anne le reçurent. Nom grec de la Fête de la Présentation du Seigneur au Temple. Le verbe grec hupantan ou hupapantan signifie « aller au-devant », « rencontrer ». Les Orientaux insistent, en cette fête, sur la ren­contre du vieillard Siméon et de Jésus ; ils viennent au-devant l’un de l’autre et manifestent ainsi la structure essentielle de la liturgie, rencontre de Dieu et de son Peuple pour la célébration de l’Alliance. Nous ne pouvons rencontrer Dieu s’il ne vient d’abord à nous et nous procure, dans l’Esprit, l’élan qui nous mène à lui.

Cette fête s’appelle la Chandeleur, parce que les fidèles portent, ce jour-là, des cierges allumés. Et cette institution a pour objet de corriger une habitude païenne. Autrefois les Romains, pour honorer la déesse Februa, mère du dieu Mars, avaient coutume, tous les cinq ans, les premiers jours de février, d’illuminer la ville avec des cierges et des torches, pour obtenir de la déesse que son fils Mars leur assurât la victoire sur leurs ennemis. Et l’intervalle de cinq ans compris entre ces fêtes s’appelait un lustre. Les Romains avaient aussi la coutume de célébrer, durant le mois de février, Pluton, et les autres dieux infernaux ; et, pour obtenir leur faveur à l’égard des âmes des morts, ils leur offraient des victimes solennelles, et passaient toute une nuit à chanter leurs louanges, avec des torches et des cierges allumés. Les femmes, surtout, célébraient cette fête, à cause de l’une des fables de leur religion. Car les poètes avaient dit que Pluton, frappé de la beauté de Proserpine, l’avait enlevée et en avait fait sa femme ; mais que les parents de la déesse, ne sachant ce qu’elle était devenue, l’avaient longtemps cherchée avec des torches et des cierges allumés : en souvenir de quoi les femmes romaines faisaient leur procession, pour se gagner la faveur de Proserpine. Et, comme c’est toujours chose difficile de renoncer à une habitude, le pape Serge décréta que, pour donner à cette habitude-là une portée chrétienne, on honorerait tous les ans la Vierge, dans ce jour, en portant à la main un cierge bénit. De cette façon l’ancienne coutume subsistait, mais relevée par une intention nouvelle.

Martyrologe romain

O divin Esprit, je veux être devant vous comme une plume légère, afin que votre souffle m’emporte où il veut et que je n’y apporte jamais la moindre résistance.

François-Marie Libermann – Commentaire de l’évangile selon saint Jean

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