Catégories
Œuvres commentées

RESURRECTION DU CHRIST

Huile sur bois de 1501-1502, dimensions 52cm x 44cm – Museu Nacional de Bella Artes, à Sao Paulo (Brésil)

EVANGILE de Matthieu 28,8

En ce temps-là,
quand les femmes eurent entendu les paroles de l’ange,
vite, elles quittèrent le tombeau,
remplies à la fois de crainte et d’une grande joie,
et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.

RAPHAEL

Raphael Sanzio est né le 6 avril 1483 à URBINO. Son père Giovani était lui-même peintre, il l’encouragea à étudier la peinture de Piero della Francesca qui dans la même ville exécutait ses plus belles œuvres. En 1499, il commença à fréquenter l’atelier du Pérugin. Il quitta cet atelier âgé de 17 ans avec le titre de maître, lui donnant la possibilité d’’exercer le métier de peintre, les œuvres de cette époque sont marquée par l’inspiration de celui qui a été son maître. A Florence Raphaël entre en contact avec Léonard de Vinci et Michel Ange, il fut le rival artistique de ce dernier. La renommée de Raphaël lui valu d’être appelé en 1508 par le pape Jules II (1503-1513) pour décorer les chambres du Vatican. Ces périodes de 12 années romaines lui permirent de peindre des fresques telles que la Dispute sur le sacrement, Le Parnasse et la célèbre école d’Athènes, puis sous le pontificat de Léon X, la stance d’Héliodore….Il a été nommé architecte du Vatican, il a fait les cartons permettant la réalisation des tapisseries de la chapelle Sixtine qui représentent les actes de apôtres, il a aussi peint aussi pour les nobles de la cour.

Une œuvre inscrite dans une tradition picturale

Le Christ ressuscité est représenté s’élevant au-dessus du tombeau ouvert debout sur une minuscule lentille de nuée, au soleil levant. Quelques peintres florentins avaient déjà peint le Christ s’élevant : Andrea Da Firenze 1365, Nicole Gerini 1435 et Fra Angelico 1440. De ce point de vue, il semble s’être inspiré de l’œuvre du Pérugin et de Giovani Bellini 1479 La composition dérive des modèles du Pérugin. En effet un sépulcre similaire se trouve sur une tablette de la prédelle du Polittico di San Pietro, tandis que, sur la Pala di San Francesco al Prato, on peut voir des images similaires de soldats ainsi que le couple d’anges volant.

La scène est lumineuse et théâtrale, l’esthétique est soignée. La lumière ne vient pas du soleil mais d’un éclairage en haut à gauche (ombres portées) Tous les personnages sont reliés dans une géométrie complexe comme s’ils étaient mis en scène. Les détails des vêtements du décor jusqu’au marbre du tombeau augmentent l’aspect théâtral de cet ensemble.

Le Christ, centre de tout, pose. D’allure juvénile Il porte une toge rouge à filets dorés et tient de la main gauche une bannière blanche à fine croix rouge, de la main droite il désigne le ciel. Son regard se porte sur terre mais il indique déjà sa future ascension et aussi son retour en sauveur en gloire.

Dans le tableau de Raphaël deux anges, dans la même posture symétrique, un bras levé, l’accompagnent de part et d’autre, déroulant leurs phylactères : celui de gauche portant une tunique violacée, celui de droite une tunique verdâtre. Les anges sont aussi plus animés que les modèles du Pérugin et renvoient plutôt aux exemples florentins comme la Pala degli Otto et de Filippino Lippi, que probablement Raphaël eut l’occasion de voir pendant un de ses brefs déplacements qui ont caractérisé son activité dans la période antérieure à l’an 1504.

Raphaël s’est en partie affranchi du modèle en situant la scène dans un paysage plus varié et animé (lié à la leçon du Pinturicchio), dans la plus grande richesse et élaboration du tombeau, dans les vêtements plus raffinés, les gestes plus vifs, plus de force dans les couleurs, donnant un plus grand rendu plastique aux images. La plasticité et le mouvement des personnages montrent les progrès faits en une génération

Raphaël ajoute en bas à droite du tombeau un serpent se lovant, un oiseau genre héron se promène au bord de la rivière à droite.

Le sarcophage est à panneaux de marbres colorés, ouvert avec son couvercle déplacé, comme celui du pérugin. Raphaël va jusqu’à reproduire le nuage doré que le Pérugin a posé sous les pied du Christ, (la mandorle a disparu) Raphaël attire notre regard sur le léger nuage doré qui est aligné dans le rond du soleil levant,

Un groupe de femmes (les trois myrophores auréolées, inconscientes de l’événement) est visible dans le plan éloigné du paysage qui fait place, vers la droite, à un fleuve et à une perspective bleutée. En regardant de plus près on peut deviner les tours d’une ville dans l’ombre de la montagne (Jérusalem au bas du mont des Oliviers ?)

POURQUOI LE CHRIST EST-IL EN LÉVITATION ?

Après les horreurs de la Passion et la mise au tombeau, voici le matin de Pâques. La nouvelle se répand. Jésus a disparu ! Et il apparaît d’abord aux femmes qui courent au petit matin pour embaumer on corps, puis à Pierre et Jean, alertés par leurs exclamations. Jésus n’a pas simplement retrouvé un corps «ravivé» pour vivre comme avant, comme Lazare, qu’il avait rappelé à la vie : Lazare avait repris son existence et était mort une seconde fois.

La résurrection est l’élément central de la foi chrétienne. Il ne s’agit plus de revivre, de retrouver la vie d’avant la mort, mais de naître à une vie nouvelle dont Jésus montre le chemin ou «passage», ce que signifie le mot «Pâques». Saint Paul écrit que la mort et la résurrection du Christ sont une folie et un scandale, mais en même temps, y croire est la plus haute des raisons.

La Résurrection, c’est le fait que Jésus est élevé dans la gloire et qu’il nous donne l’Esprit, c’est le message que les peintres du Quattrocento nous délivrent. Cette représentation de Raphaël nous prépare aussi à l’ascension, au moment où Jésus disparaît définitivement aux yeux terrestres, pour donner rendez-vous aux croyants dans un au-delà lumineux.

« Christ est ressuscité. »

Avatar de Philippe

Par Philippe

Amateur de belles œuvres d’art sacré

Laisser un commentaire

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer